Maladie dégénérative – La vie d’André Rakotondramiarana bascule


La journée mondiale de la lutte contre la maladie d’Alzheimer est célébrée ce jour. Une famille témoigne du quotidien d’un malade.

Un septuagénaire appelle à l’aide, dans sa cour. « Au secours, sauvez-moi! », a-t-il beuglé, f ace à un jeune homme qui lui aurait bloqué la route, hier vers 13 heures. Il pensait que ce jeune homme lui voulait du mal, alors que ce dernier ne faisait que l’empêcher de sortir de la maison tout seul. Cette scène se reproduit, assez souvent, dans cette maison d’Ambohibarikely Anosibe. Atteint de la maladie d’Alzheimer, André Rakotondramiarana, un homme de 78 ans, veut tout le temps sortir de chez lui, pour déambuler.

Ancien marchand, ce malade éprouve le besoin compulsif de marcher. Ses proches surveillent de jour comme de nuit ses moindres déplacements. Ils veillent à ce que ce père de famille ne sort plus de chez lui, tout seul. Cela fait trois fois qu’il a été porté disparu, depuis l’apparition de cette maladie. Sa dernière disparition date du mois de mai, pendant les fêtes de Pentecôte. Il a été introuvable, trois jours et trois nuits. « Il a l’habitude d’aller chez ses deux filles qui vivent à deux cents mètres de chez nous. Le jour de sa disparition, il était allé les voir. Mais il n’était pas rentré. Il avait quitté la maison le vendredi, avant la Pentecôte. C’est à Ambohidrapeto que nous l’avions retrouvé le lundi de Pentecôte», explique son fils, le pasteur Josoa Rakotondra­miarana.

Pendant ce «voyage», André Rakotondramiarana avait été considéré par les personnes qu’il avait croisé comme un malade mental. « Il serait entré dans les maisons sur son chemin. Il aurait mangé les nourritures dans ces maisons et aurait dormi sur les lits qu’il voyait. Il se serait fait rejeter et repousser par certains propriétaires », ajoute Josoa Rakotondramiarana.

Pas de soin

La maladie d’André Rakotondramiarana a été diagnostiquée pendant le confinement de 2020. « Nous étions à deux cents mètres de notre maison, un jour. Je lui ai demandé de rentrer tout de suite, car j’avais encore un achat à faire. Sur le chemin, il avait demandé à plusieurs personnes qu’il avait croisées où se trouvait le quartier d’Anosibe, là où nous habitons. Ces personnes m’ont demandé, par la suite, s’il allait bien », enchaîne le pasteur.

C’est depuis cette scène que sa famille s’ est inquiétée pour son état de santé et l’a emmené chez un médecin. Le médecin a confirmé l’Alzheimer. Depuis, l’état de santé d’André Rakotondra­miarana s’est dégradé. Il ne reconnaît pas ses proches. « C’est ma sœur », parle-t-il de sa femme. « Je n’ai pas encore mangé! », alors qu’il venait de le faire. Il commencerait à perdre le contrôle de sa vessie et de ses intestins.

L’Alzheimer ne se soigne pas. S’agissant d’une maladie dégénérative, l’état de santé du patient continuera à se dégrader. « Le médecin lui recommande un sommeil complet, des aliments équilibrés et du café, pour retarder l’apparition des symptômes sévères de la maladie. Il nous a aussi demandé d’être patients avec lui, de ne pas le punir, et de lui prouver notre amour », raconte Josoa Rakotondramiarana. Madagascar ne dispose pas encore d’établissement qui prend en charge les malades d’Alzheimer.

L’Organisation non gouvernementale (ONG) Masoan­dro Mody fait de son mieux pour aider les malades et leurs familles. Mais beaucoup ne sont pas encore pris en charge.



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