Filière vanille : La campagne 2021-2022 s’annonce difficile


La vanille de Madagascar ne s’écoule pas facilement sur le marché comme avant, malgré sa qualité mondialement reconnue. Au niveau local, les producteurs se plaignent du refus des collecteurs d’acheter à 50.000 ariary le kilo. Le prix de référence fixé par l’Etat aux producteurs est pourtant à 75.000 ariary un kilo de vanille verte. Dans certaines communes, ce prix serait descendu à 20.000 ariary entraînant ainsi un manque à gagner important pour les producteurs.

Des paysans producteurs contestent par ailleurs le prix FOB (frais de transport exclus) du kilo qui est fixé à 250 dollars, un prix imposé par le ministère de l’Industrie pour la campagne d’exportation 2021-2022. Cela constitue un frein à la recherche et à l’expansion, argumentent les paysans producteurs. « Cette disposition prise par l’Etat réduit le nombre d’opérateurs qui achètent la vanille et profite aux quelques opérateurs privilégiés qui négocient les prix auprès des paysans au plus bas », expliquent-ils. A cela s’ajoute l’octroi d’agréments à une poignée d’exportateurs dont la liste devrait être publiée ce lundi 20 septembre.

Les tensions montent au niveau des communautés de producteurs d’où la réaction de certaines organisations de la société civile dans les régions productrices qui dénoncent la situation.

La semaine dernière, une réunion des producteurs de vanille a, en effet dû se tenir dans la ville de Sambava, dans le cadre de laquelle ils auraient invité le ministre de l’Industrialisation, du Commerce et de la Consommation, Edgard Razafindravahy à se rendre sur place. En fin de semaine, des organisations de la société civile ont émis des recommandations visant à résoudre le problème.

Elles demandent, entre autres, l’abandon immédiat de la décision de fixer le prix plancher de référence à l’exportation de 250 dollars. Elles réclament aussi la réalisation de l’octroi d’agréments et de toutes les paperasses administratives au niveau régional et non au niveau national qui limite la concurrence et ne privilégie qu’à quelques opérateurs. « Laisser les opérateurs même les petits opérateurs travailler dans le secteur selon leurs capacités de trouver des Clients/Acheteurs une fois qu’ils respectent les qualités requises », soutiennent ces organisations.

Etant donné que la vanille ne mûrisse pas au même moment dans chaque localité, la date d’ouverture de la vente doit incomber à chaque commune, suggère la société civile. L’Etat devrait toutefois faire le contrôle de la qualité tout au long de la période des récoltes et des ventes.

Madagascar a exporté 2.050 tonnes de vanille jusqu’au 23 mai 2021. Lors des deux dernières campagne, les exportations étaient de 1.447 tonnes et de 1.780 tonnes. La vanille est le second pourvoyeur de devises à Madagascar, après le nickel.



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