les énergies alternatives à l’honneur de la Foire internationale de Madagascar



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Les énergies alternatives sont à l’honneur de la Foire internationale de Madagascar qui se tient jusqu’à ce dimanche 19 septembre, dans la capitale, Antananarivo. C’est la quinzième édition de ce rendez-vous économique qui réunit plus de 160 entreprises de toute l’île. L’un des objectifs : faire émerger de nouvelles solutions pour abandonner l’utilisation du charbon de bois, responsable d’une déforestation massive.

Avec notre correspondante à Antananarivo, Laetitia Bezain

Du charbon fait à partir d’argile, de bambou, de coques de noix de coco ou encore de balles de riz. Dans les allées, la dizaine de stands qui proposent ces types de combustibles domestiques intriguent les visiteurs. Après un an de recherches, Fitahiana, jeune entrepreneure, a lancé un charbon à base de déchets organiques : « Il se consume plus lentement que le charbon de bois et dégage peu de fumée. On recycle et traite les déchets organiques des gens qui vivent dans le quartier où se trouvent nos bureaux. Pour le moment, nos clients ce sont les habitants aux alentours. Nous faisons aussi du biogaz mais les gens disent que ce n’est pas évident à utiliser. Ils préfèrent le charbon. Les problèmes que l’on rencontre pour notre développement, c’est le manque de financement et les habitudes des gens. C’est plus simple de couper du bois et d’avoir du charbon directement. Faire du charbon alternatif, c’est un processus plus long. »

Une offre encore minime

Si les innovations ne manquent pas, l’offre de charbon alternatif sur le marché reste minime. Une situation que déplore Julio, ancien instituteur devenu formateur en énergies alternatives : « Si on utilise encore le charbon de bois aujourd’hui, c’est parce que les gens sont peu éduqués. Quand il n’y aura plus d’arbres, il n’y aura plus de charbon. Donc que fera t-on ? L’État n’est pas assez engagé dans ce changement. Il n’y a pas assez d’éducation environnementale. Il faudrait que l’État mette en place des réseaux au niveau des communes ou des quartiers et on pourrait faire la production de charbon alternatif à ce niveau là. Comme ça, ça serait à la disposition de tout le monde. Ça créerait des emplois, ça réduirait les feux de brousse, la déforestation et ça donnerait aux gens le sens de la responsabilité vis-à-vis de leur environnement. »

« Il y a toujours un moyen de faire du charbon écologique à Madagascar »

Depuis 17 ans, il transmet son savoir en matière de charbon écologique aux communautés autour de lui : « Dans les grandes agglomérations, il y a des déchets, du sable fin, de l’argile. On les associe aux déchets et ça donne du charbon écologique. Dans les régions Alaotra, Bas Mangoky, il y a des balles de riz parce que ce sont des producteurs de riz, et on peut faire du charbon avec cela. Dans le nord-est jusqu’au sud-est de l’île, il y a des noix de coco et on peut faire du charbon avec les coques de coco. Donc peu importe où on va, il y a toujours un moyen de faire du charbon écologique à Madagascar. Si on faisait ça, on ne couperait plus aucun arbre. D’ailleurs, le prix du charbon de bois n’est plus à la portée des ménages. Ce que vous voyez là, on peut le vendre peu cher. Mais le problème, c’est que ce n’est pas mis à disposition à grande échelle. »

Selon les statistiques du ministère de l’environnement, 97% des foyers malgaches utilisent le bois comme source d’énergie.

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