Ressources halieutiques – Un Accord de pêche à sceller avec l’UE


Sauf changement de calendrier, les discussions avec l’Union européenne autour de l’Accord de pêche se tiennent aujourd’hui et demain. Des surenchères sur des millions d’euros sont en jeu.

Un premier vrai test pour Paubert Mahante, ministre de la Pêche et de l’économie bleue. Il doit donner le « thon » des différends sur un dossier brûlant d’actualité. Il est attendu de lui l’esquisse des contours du nouveau cadre de l’Accord de pêche avec l’Union européenne, UE. Les négociations sont prévues de reprendre ce jour et demain. La dernière mouture a expiré en 2018. Les moussaillons malgaches, se sentant lésés, sous le pavillon du commerce équitable, ont hissé les voiles des redevances à la pointe d’un long mât. De 6 à 40 millions d’euros. Le Maroc en tire 50 millions d’euros sur le même type de coopération, soulignent les « timoniers » malgaches. Qui ont quand même intérêt à ne pas pousser le bouchon trop loin. Au risque de tout perdre.

Car, l’UE avec ses aides financières non-remboursables conséquentes, mais conditionnées par le respect des droits de l’homme et des principes fondamentaux de la démocratie, se présente comme un partenaire financier et technique de premier rang. Ses appuis financiers ont permis de réaliser des infrastructures communautaires d’envergure comme la réfection des routes nationales. Mais elle n’a pas mis sur la balance des pourparlers le poids de ses aides budgétaires.

En outre, elle se déclare disposée à aider et soutenir Madagascar à chasser des requins de l’océan et des « flibustiers » de notre siècle. Ils écument en toute impunité les eaux territoriales malgaches, d’après les dernières images satellites publiés sur les réseaux sociaux. Christian Ntsay, Premier ministre, en réunion avec le personnel de l’Autorité sanitaire halieutique, a estimé les pertes générées par ces pêches illégales à 500 millions de dollars par an.

Puisque Madagascar n’a pas les moyens militaires de gagner cette bataille navale, cette main tendue de l’UE ne peut qu’être salutaire. C’est tout l’enjeu des escarmouches à venir. Mais au moins, avec l’UE, tout se déroule dans la transparence totale. Comme l’eau cristalline de la mer. Ce qui n’est pas le cas avec d’autres « congrégations », trop gourmandes pour être honnêtes.



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