Le projet de plus en plus compromis par le manque de communication – Midi Madagasikara


Malgré la suspension de Base Toliara, ces femmes bénéficiaires continuent à entretenir les plants d’arbre dans le cadre d’un projet d’accompagnement à Ranobe

Unique au monde. Il n’y a qu’à Madagascar que l’on interdit au premier concerné d’un dossier le droit de s’exprimer. La remarque est celle d’un analyste économique qui ne comprend vraiment pas pourquoi l’administration malagasy persiste dans cette interdiction de communication imposée à Base Toliara depuis fin 2019.

Une interdiction qui n’a visiblement rien arrangé puisque jusqu’à maintenant c’est encore le flou total autour du projet où ce sont les politiciens et les communautés locales qui s’entredéchirent à grand coup de communications, de manifestations et de contre-manifestations.

Dérapages et tensions. Avec ce que cela suppose de dérapages et de tensions entre alliés et opposants de ce projet censé apporter le développement non seulement dans la région Atsimo-Andrefana, mais également dans l’ensemble du pays. En tout cas, le projet Base Toliara est plus que jamais miné par ce manque de communication. Ce qui amène une frange importante de l’opinion économique à conclure qu’il est de nouveau temps de donner à Base Toliara la liberté de s’exprimer. Il en est de même des communautés locales qui attendent également que les responsables de cette grande compagnie minière s’expliquent sur les origines de ce blocage. Pour le Dr Colin Ratsirisija, un enseignant à l’université de Maninday, le problème trouve notamment son origine dans le fait que Toliara aurait été mal préparé pour accueillir ce projet. « Si l’on veut avancer, il est indispensable que Base parvienne à gagner la confiance de la population tuléaroise », en précisant que « la grande majorité des projets menés à Toliara étaient sujets à des résistances ». Du coup, pour lui, « la réussite d’un projet dépend de la capacité de son promoteur à gagner la confiance et à convaincre la population à y adhérer. Aussi, tous les impacts, qu’ils soient positifs ou négatifs, doivent leur être clairs. Et pour le cas des Vezo, ils s’attendent à des retombées positives immédiates et non à long terme ». Une manière en somme d’en appeler à l’administration de laisser Base Toliara s’exprimer de nouveau.

Cahier des charges. Même les populations locales qui s’opposent au projet souhaitent recevoir des explications émanant des responsables du projet Base. C’est le cas notamment dans le Fokontany de Benetsy dans la commune rurale d’Ankilimalinike où la population qui serait victime de l’assèchement des sources d’eau demande que Base Toliara fournisse le contenu de son cahier des charges sur l’exploitation d’ilménite. La population locale souhaite également que Base donne des détails sur les structures d’accueil prévues par le projet ainsi que sur les perspectives d’emplois si le projet reprend. En somme, et comme le martèle le Dr Colin Ratsirisija, il est temps de laisser Base s’exprimer.

Sympathisants. Pour le moment, ce sont plutôt les sympathisants locaux du projet qui montent au créneau. À l’instar de la plateforme des notables de Toliara qui avait initié une série de dialogues communautaires avec les opposants à ce projet dans les communes d’Ankilimalinike et de Tsianisiha. Ces notables avaient également rencontré les communautés des pêcheurs. « Nous avons initié ces rencontres dans l’objectif de leur expliquer les retombées positives de ce projet minier sur le développement socio-économique de notre région. Beaucoup en sont convaincus », se félicite le conseiller municipal de la commune urbaine de Toliara, Désiré Rakotonirina. Des rencontres avec des hauts responsables comme le ministre de l’Aménagement du Territoire, le directeur des doléances auprès de la Présidence, l’ancien ministre des Mines, le président du Sénat et la présidente de l’Assemblée nationale, ont également eu lieu. Ils attendent actuellement d’être reçus par le président de la République et le Premier ministre.

R.Edmond.





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