Madagascar attend 234,2 millions de DTS du FMI


Dans le cadre du programme de relance de l’économie africaine via des droits de tirage spéciaux mis en place par le Fonds Monétaire International (FMI), Madagascar devrait pouvoir miser sur 234,2 millions de DTS, soit 332 millions de dollars américains.

Voulant réunir les conditions pour garantir la stabilité du système monétaire international, secoué par les impacts multiples de la crise sanitaire, le Fonds Monétaire International a lancé depuis quelques jours l’injection de 456,5 milliards de droits de tirage spéciaux (environ 650 milliards USD) dans l’économie mondiale. Une entreprise inédite visant à combler les réserves de change des pays membres de l’institution financière internationale et qui devrait permettre aux pays en développement comme Madagascar de bénéficier d’un soutien financier conséquent pour relever leurs différents défis économiques et sociaux.

On sait alors que les pays africains devront encaisser 23,73 milliards de DTS, équivalant à 33,66 milliards de dollars. Une enveloppe qui pourrait être utilisée pour relancer la machine économique et aussi acquérir des vaccins contre la Covid-19. Les deux principales puissances du continent, à savoir l’Afrique du Sud et le Nigéria, se taillent la part du lion en bénéficiant respectivement de 2,92 milliards de DTS (4,15 milliards de dollars) et 2,35 milliards de DTS (3,34 mil- liards de dollars). Avec 234,2 millions de DTS, (332 millions de dollars), Madagascar se situe en milieu de tableau aux côtés de pays comme le Soudan du Sud, le Mozambique ou encore le Gabon.

Le compte n’est pas encore bon…

En mai dernier, lors du Sommet sur les économies africaines, tenu à Paris, le FMI a révélé que les besoins de financement de l’Afrique sont estimés entre 200 et 250 milliards de dollars. Et d’après un économiste malgache qui a participé aux discussions relatives au financement du PEM (Plan Emergence Madagascar), la Grande Île a besoin d’au moins 19 milliards USD pour rattraper ses retards économiques et se mettre sur les rails de l’émergence. Nous sommes donc encore loin du compte.

Kristalina Georgieva, la Directrice générale du FMI, n’a pas pour autant hésité à qualifier la décision d’historique. D’une « très bonne nouvelle pour les pays les plus pauvres ». En premier lieu, car ces pays, don t Madagascar, vont recevoir chacun un chèque du FMI qu’ils pourront convertir en devises ou en monnaie locale, et utiliser l’argent pour épauler leur économie ou pour soulager leurs finances publiques.

Le FMI qui soutient que cette « mesure exceptionnelle », conjuguée aux plans massifs de relance des banques centrales dans le monde, redonnera du moral aux investisseurs internationaux. Le FMI estime qu’en moyenne les pays pauvres et les pays émergents encaisseront l’équivalent de 275 milliards de dollars. En outre, les pays avancés se sont mis d’accord lors du dernier sommet du G7 pour offrir aux pays pauvres tout ou partie de leur allocation de DTS. Ainsi, la France qui a droit à 24 milliards pense les réallouer à l’Afrique. Mais les détails techniques liés à la matérialisation de cet « acte de générosité » ne sont pas encore connus.

Selon l’institution, les fonds qui seront décaissés aideront à accroître « les liquidités dans le monde ». Ils s’inscrivent dans une logique de relance globale de l’économie, après l’année 2020 marquée par la pandémie de Covid-19 qui a fait monter d’un cran les déséquilibres macroéconomiques, et mis un frein aux avancées sociales, notamment dans les pays en développement. Pour rappel, le FMI qui est à l’origine de ce système, présente le DTS comme un avoir de réserve international créé en 1969 pour compléter les réserves de change officielles de ses pays membres. Le DTS est l’unité de compte du FMI et de quelques autres organisations internationales. Les économistes soulignent que ce n’est pas une monnaie. Mais c’est un outil du FMI qui donne à chaque pays la mise à disposition une certaine quantité de droit de tirage convertible en devise surtout en cas de déficit de la balance de paiement.

Néanmoins, le plus important aujourd’hui est de ne pas se tromper de stratégie pour l’allocation de cette somme. En attendant que les tractations entre les grandes puissances puissent aboutir à un soutien financier plus conséquent, le débat est ouvert pour identifier les priorités locales qu’impose la relance économique et la mise en place d’un filet de sécurité social plus efficace. La grande erreur serai t d’utiliser cet argent pour le financement des dépenses courantes.



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