Hary Andriantefihasina – La « Rencontre des entreprises francophones, un franc succès »


Quel bilan tirez-vous de la REF à laquelle vous avez participé?

Les pays francophones pèsent 16 % du Pib mondial alors que les francophones représentent 4 % de la population mondiale. Deux pays qui partagent des liens linguistiques échangent 65 % de plus que 2 pays n’ayant pas de liens. L’idée est donc de développer une francophonie économique (la francophonie politique existe déjà) afin que les affaires entre les pays francophones s’épanouissent davantage. 31 délégations et 450 chefs d’entreprises ont été présents à la Rencontre des entreprises francophones, REF. Madagascar a été représenté par quarante entreprises. Nous avons été particulièrement à l’honneur avec la présence du président de la République, Andry Rajoelina, ainsi que de quatre ministres.

Des détracteurs affirment que ce déplacement en masse des opérateurs économiques malgaches n’aura servi à rien. Votre avis sur ces critiques au vitriol?

Avec la présence du président, de quatre ministres, des groupements (Gem, Sim, Gefp, Sebtp, Ccia) et de quarante entreprises, Madagascar a eu le privilège de la plus forte et la plus prestigieuse délégation, à part le pays organisateur bien sûr. Cela prouve que nous avons mis en œuvre une vraie diplomatie économique afin de tirer entièrement parti de cette première édition de la REF. Ce genre de déplacement, où le public et le privé œuvrent ensemble pour promouvoir la destination Madagascar, sous toutes ses coutures, revêt une importance particulière. D’autant plus que la tournée s’est terminée par une rencontre entre les présidents français et malagasy.

Vous en attendiez quelles retombées sur le court terme?

Il se peut que le public attende des annonces fracassantes. Mais des acquis ont été obtenus. Déjà, maintenant nous avons une nette visibilité sur l’ouverture de nos frontières aériennes en octobre. Ce qui devrait soulager les professionnels du tourisme. Ensuite ces journées de pourparlers ont permis l’avancée des négociations dans les gros projets d’infrastructures énergétiques e t de la mobilité urbaine. Deux préoccupations du moment. En parallèle, les entreprises ont pu tisser des relations plus affinées, échanger avec plus de contacts directs. Et surtout le Gem sera partie partante des actions pour renforcer cette francophonie économique. Ce qui est promoteur pour les entreprises malagasy. Sur le court terme, des plans d’action seront effectués avec les trente et un groupements pour la mise en œuvre de la francophonie économique. Le Gem va y participer activement. Ensuite il faudra persévérer et s’inscrire dans la durée afin d’avoir des retombées tangibles.

Comment se comporte le secteur BTP malgache?

Nous avons aussi subi les effets induits de la crise sanitaire Des pertes au niveau du chiffre d’affaires, des employés mis chômage technique. Mais la relance par des investissements publics laisse entrevoir de très bonnes perspectives. Même si des appréhensions subsistent à cause des non paiements par le Fonds routier des prestations, par exemple.

Pour débloquer cette situation préjudiciable à l’existence des petites et moyennes entreprises du BTP, il faudrait déjà connaître les tenants et aboutissants des problèmes. Jusqu’à ce jour, ces « laissés- pourcompte » n’ont pas eu une explication claire et sans équivoque sur l’origine du blocage.

SEBTP, c’est quoi au juste?

Il s’agit du groupement des entreprises locales du BTP, créé en 1961 dans le but d’accompagner le développement du pays dans le domaine des infrastructures. Comme les entreprises du SEBTP ont un engagement de qualité et d’éthique, l’adhésion se fait via le parrainage de deux membres, la validation du comité directeur, et enfin de l’Assemblée générale. Aujourd’hui, le groupement compte 80 membres, tous corps d’état confondus : routiers, bâtiments, bureau d’études, fournisseurs de matériaux et matériels spécifiques .Les entreprises du groupement pèsent entre 70 à 80 du CA des entreprises de BTP malagasy.

Quels sont les avantages d’en faire partie?

Il y a trois avantages essentiels. Le partage de toutes informations concernant le secteur. Un atout de taille en soi. La défense des intérêts des entreprises qui peuvent bénéficier du groupement pour porter leur voix auprès des autorités (problématique de paiement, concurrence déloyale, passation de marché….) Et les bénéfices que procurent des formations spécifiques BTP avec le Fonds malgache pour la formation professionnelle, FMFP.

Est-ce que prévoyez des formations professionnelles pour répondre aux exigences requises par le marché du travail?

Le SEBTP est le groupement sectoriel qui a été précurseur en étant moteur dans le financement de la formation professionnelle par les Partenaires technique et financiers, PTF. Ainsi, la convention de financement de l’Agence française de développement, AFD pour financer la formation professionnelle du BTP à hauteur de 5 millions d’euros a été signé dès 2011. Les principaux lycées techniques de l’île ont été modernisés, les promotions de CAP sont déjà sur le marché du travail.

La deuxième tranche de financement 9 millions euros toujours avec l’AFD a également été signée. Quelques clauses suspensives restent à lever. Ces financements servent à moderniser la formation professionnelle du BTP via le Centre national de l’emploi pour le bâtiment et travaux publics, CNEFBTP. Le FMPF est également un levier important pour les entreprises cotisantes.



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