Rencontre Macron-Rajoelina – Le dossier îles éparses relancé


En marge de la participation de Madagascar au MEDEF, une rencontre entre Andry Rajoelina et Emmanuel Macron s’est tenue au palais de l’Elysée, hier. L’occasion de relancer les discussions sur les îles éparses.

Un impératif. S’il y a un sujet incontournable dans les relations entre Madagascar et la France, depuis quelques années, c’est celui sur les îles éparses. Ce dossier a été, une nouvelle fois, au centre de l’entretien entre Andry Rajoelina, président de la République, et son homologue français, Emmanuel Macron, hier.

En marge de la participation de Madagascar à la Rencontre des entrepreneurs de France (REF), organisée par le Mouvement des entreprises de France (MEDEF), le locataire d’Iavoloha a été reçu par son homologue de l’Elysée, hier. Sur le site web de la présidence de la Répu­blique française, il est indiqué que le rendez-vous a été un entretien, et non une visite officielle. La formule protocolaire a donc été différente.

Après les salutations sur le parvis du parvis du palais de l’Élysée, les deux Prési­dents ont fait une déclaration à la presse, avant de s’entretenir à huis clos durant près d’une heure. Outre les questions d’ordre économique, sanitaire et diplomatique, les deux Chefs d’Etat ont indiqué que le dossier îles éparses sera au menu de leurs échanges. La question relative aux îles éparses sera naturellement dans l’agenda de notre discussion, a déclaré Andry Rajoelina.

Plus loquace, Emmanuel Macron a soutenu, ensemble je souhaite que nous puissions poursuivre nos échanges à la fois francs et constructifs sur la question des îles éparses. Nous avons pris l’initiative ensemble, en 2019 de créer une commission mixte, elle a commencé ses travaux, il est maintenant important qu’elle puisse se poursuivre. Selon les informations, durant leur entretien, les deux Chefs d’Etat ont décidé de reprendre les négociations au sein de la commission mixte, dans un esprit ouvert et fraternel.

La renaissance de la commission mixte sur les îles éparses a été décidée durant la visite officielle de Andry Rajoelina, à Paris, fin mai et début juin 2019. Le locataire d’Iavoloha et son homologue de l’Elysée se sont convenus, en 2019, que la question des îles malgaches de l’océan Indien sera discutée au sein de cette commission mixte. Cette entité s’est réunie pour la première et dernière fois, en novembre 2019, au palais d’Etat d’Andafiavaratra.

Concilier un différend

La crise sanitaire causée par la pandémie du coronavirus a, toutefois, stoppé net la dynamique des discussions au sein de la commission mixte. Depuis la rencontre à Andafiavaratra, aucune évolution sur le dossier n’a été communiquée. En novembre 2019, les deux parties aux négociations se sont séparées en concédant l’existence d’un différend, sur la question de la souveraineté sur ces îles.

Pour Madagascar la restitution de sa souveraineté sur ces îles reste une question fondamentale dans la négociation et constitue une question devant être abordée préalablement à l’examen et à l’adoption d’une solution commune de développement. Il s’agit des termes du communiqué conjoint a l’issue de la réunion d’Andafiavaratra.

À entendre les propos du président Macron, hier, la France maintient sa position sur (…) nous partageons l’objectif d’ouvrir des perspectives communes de développement économique durable pour cette zone, de protéger les trésors de biodiversité qu’elle abrite, d’avoir une stratégie scientifique commune. Bien que le mot n’ait pas été dit, la cogestion reste, visiblement, dans les têtes du côté de l’Hexagone.

Hier, Andry Rajoelina ne s’est pas trop étalé sur la question des îles éparses. A la lecture du communiqué de novembre 2019, Mada­gascar ne ferme pas la porte aux options sur la gestion de ses terres. La condition préalable est, cependant, la restitution de sa souveraineté. Hier, le locataire d’Iavoloha a souligné sa volonté de renforcer les relations avec la France dans un esprit de partenariat pour une croissance partagée.

Bien que les deux chefs d’État aient affirmé leur volonté de reprendre les discussions dans un esprit fraternel, la partie risque d’être corsée. Alors que les négociations au sein de la commission mixte ont été sus­pendues, à cause de la pandémie, la France a continué à avancer ses pions. Emmanuel Macron a, notamment, décrété l’archipel des Glorieuses comme étant une réserve naturelle nationale.

Cet épisode a sensiblement crispé les relations entre Madagascar et la France. Sur le parvis de l’Elysée, hier, le ton a, toutefois, été dans l’apai­sement et la conciliation. Cette volonté de réchauffer les relations entre les deux pays a été marquée dès les premiers instants de la rencontre d’hier. Andry Rajoelina et Emmanuel Macron se sont chaleureusement salués en se prenant dans les bras. Cela a, également, été prononcé dans les mots.

« Notre volonté commune, je le sais, est de renforcer dans le cadre d’un dialogue franc et fraternel l’amitié qui lie nos deux pays respectifs, nous allons nous appuyer sur tout ce qui nous rapproche dans un respect mutuel plutôt que de nous appesantir sur ce qui nous divise », a soutenu Andry Rajoelina en conclusion de sa prise de parole. Outre les îles éparses, l’accent a été mis sur les points de coopérations entre la Grande île et l’Hexagone. Concilier un différend sera, justement, le principal travail de la commission mixte sur les îles éparses.



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